Domination-soumission

Domination-soumission

Les degrés de soumission

La soumission… un état qui renvoit à bien des fantasmes et des clichés.

Mais entre la personne qui veut se soumettre une fois de temps à autre et selon ses termes, et celle qui veut abdiquer tout pouvoir en tout temps, il existe bien des espaces intermédiaires. Un survol.

Dans le monde BDSM, une multitude de termes servent à désigner la personne qui se soumet : soumise, esclave, servante, soubrette, bonniche, pouliche, poupée, jouet, catin, chienne, etc.

Plusieurs francophones utilisent même leurs équivalents en anglais : sub (pour submissive), slave (pour esclave), bottom (littéralement : dessous, par rapport à Top, dessus, dominant ; termes issus du monde gai), student (pour pupille, élève, apprenti-e), doll, toy, pet, boy, girl, ponygirl, ponyboy, maid, french maid, sissy maid.

Bref, vous avez le choix des armes.

Par contre, si ces mots sont parfois utilisés sans égard de distinction, plusieurs renvoient à un état bien spécifique de soumission. D’où les fréquents malentendus entre personnes désirant se soumettre et les personnes souhaitant dominer.

Si une personne vous déclare vouloir devenir votre esclave dévouée, comme personne dominante, vous avez intérêt à savoir si elle entend par là la scène du samedi soir autour d’un souper aux chandelles avec pour dessert les menottes Fisher-Price … ou si elle aspire à une relation BDSM 24/7 à long terme.

D’où l’importance d’une franche et saine discussion de fond entre les partenaires impliqués avant d’entrer en interaction.

Car on entre pas dans les grandes discussions une fois ligotée. Il est un peu tard pour y penser. Même si rien n’empêche à tout moment de remettre les pendules à l’heure à l’aide du droit de véto inhérent aux relations BDSM pleinement saines et consenties.

De l’utilité des degrés de soumission

Ces degrés de soumission s’avèrent très utiles dans le processus de négociation des termes de l’interaction BDSM entre les participants.

Loin du cadre rigide, ils servent à clarifier les intentions et offrent des balises à la personne soumise afin de l’aider à se situer, à définir ce qui l’anime, à mieux comprendre ses attentes, comment elle conçoit ses interactions.

Car se soumettre… au delà des clichés et des formules toutes faites… que veut-elle dire par là ? que sait-elle de ses désirs ? connaît-elle ses limites ? à quoi elle s’attend ? Sachant cela, serais-je en mesure de la diriger, de veiller à sa sécurité tout en la dominant ?

Pour la personne dominante, ces degrés permettent de savoir quels types de soumission elle est en droit de s’attendre de la part de cette personne devant elle qui déclare vouloir se soumettre, si elle est en mesure de répondre aux besoins exprimés, etc.

Ceci dit, ces degrés de soumission ne sont pas une échelle où l’on débute par un premier stade léger pour progressivement déboucher vers des stades plus avancés ou extrêmes.

Ce n’est pas une classification rigide non plus, ni un jugement de valeurs, ni un palmarès de ce qu’est une « bonne » ou une « vraie » soumise. Ce sont tout simplement des balises pour nous aiguiller dans notre cheminement. Si vous demandez à dix personnes soumises de définir leur soumission, vous risquez fort d’obtenir dix réponses très différentes et nuancées pouvant emprunter à plus d’un degré, selon l’interlocuteur, les circonstances, le feeling. À chacun de tracer ses besoins et limites.

Même dans les cercles BDSM, tous ne s’entendent pas. Être soumise ne veut pas dire que vous devez accepter nécessairement, absolument les jeux de douleur, pour prendre un exemple. Trop fréquemment, on entend dire qu’ « elle, c’est pas une vraie soumise car elle refuse certaines choses ». Même constat pour les gens polyvalents (switch) : « ah c’est pas une vraie soumise, elle, parce que durant la soirée, elle et son partenaire changent de rôles. »

Si on tente de vous faire croire ces choses, n’en croyez rien. On peut très bien affectionner les jeux de douleur sans vouloir « se soumettre » forcément. Tout comme on peut être fortement attirée par les jeux de soumission sans être masochiste.

 



24/08/2011
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