Domination-soumission

Domination-soumission

Erotisation de la douleur ou capacité à la contrôler ?

On trouve dans ce type de relations, l'idée que la violence et la douleur qui en résulte seraient source de plaisir intense pour celui qui l'administre autant que pour celui qui la reçoit. Il s'agit donc d'une érotisation de la violence et de la douleur. Le sadomasochisme inclut aussi la domination, la souffrance morale et l'humiliation. Freud est celui qui a le plus insisté sur la liaison entre les dimensions opposées du sadomasochisme et leur présence à l'intérieur d'un même individu, en même temps qu'au niveau de la relation entre deux personnes où chacun peut incarner l'une ou l'autre de ces conduites.

 

Stoller a proposé une autre interprétation à l'érotisation de la douleur. Selon lui, ce n'est pas la douleur en elle-même, mais bien la capacité à contrôler efficacement la douleur, qui serait à la source du plaisir masochiste. Les personnes qui ressentent ce type de jouissance auraient vécu des douleurs physiques intenses au cours de leur petite enfance et appris à les contrôler : le plaisir viendrait de cette possibilité de contrôle.

 

Vers une dialectique du maître et de l'esclave

Remettant en cause les préjugés qui fondent la clinique psychopathologique, le philosophe Gilles Deleuze a considéré que le sadisme et le masochisme, tels qu'ils ont été décrits dans les oeuvres de Sade et de Sacher-Masoch, ne constituent pas le "couple d'opposés" des psychanalystes. Selon Deleuze, le sadisme renverrait à la toute-puissance du maître qui ignore volontairement la présence de l'objet à qui il impose la totalité de son désir de façon quasiment impersonnelle. Le sadisme consisterait ainsi en une forme de pouvoir absolu sur l'autre allant jusqu'à sa négation.

Le masochisme relèverait d'une toute autre logique, celle du contrat. Le soumis serait à la recherche d'un dominateur (ou plus souvent d'une dominatrice) qu'il aurait besoin de former et d'éduquer en passant un contrat avec lui. Le masochisme serait donc l'expression d'une relation contractuelle entre deux êtres libres dont le contrat passé entre eux fixe les limites de ce qu'il est licite de faire et ne pas faire. Dans ce contrat, le masochiste provoque le dominateur pour l'amener en même temps à se conformer à ses termes et à y déroger. La dialectique du maître et de l'esclave, chère à Hegel, trouve ici toute son expression et le sadisme comme le masochisme ne seraient que des formes extrêmes et sexualisées des relations sociales.

Une relation pleinement consentie et contractuelle

Le SM à la mode actuellement s'inscrit dans le cadre d'une relation consensuelle entre deux êtres libres. Et c'est bien la signature du contrat entre les deux partenaires qui fixe le déroulement du rituel et ses limites, qui en fait une pratique acceptable à une époque qui place la dimension juridique et négociée des relations sociales et interpersonnelles au sommet de ses valeurs.



13/02/2011
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